Prades-le-Lez (Hérault), reportage
Sous le soleil brûlant, le souffle chaud de la tramontane fait ondoyer les cimes des pins. « Des conditions parfaites pour qu’un incendie se déclare », résume Erik. Dans leur pick-up orange flanqué d’une citerne, lui et son camarade Francis ont tout l’air de pompiers. Pourtant, ces deux habitants — l’un retraité, l’autre professeur — surveillent bénévolement les massifs alentour. Ils font partie du Comité communal contre les feux de forêt de Prades-le-Lez.
Leur objectif : patrouiller afin de repérer d’éventuels départs de feux et sensibiliser leurs concitoyens. Car les 1er et 2 juillet, l’Hérault, comme cinq autres départements du Sud-Est, a été placé « en danger très élevé » pour les incendies par la Météo des forêts. « On a des sols et une végétation très secs, pas de pluies, des températures élevées et du vent, résume Guillaume Trichaud, responsable de l’assistance Feux dans le Sud-Est pour Météo-France. La moindre étincelle peut dégénérer en incendie. »
Plus de la moitié du territoire héraultais est exposée au risque des flammes, rappelle la préfecture. L’an dernier, près de 1 500 feux ont été combattus entre juillet et août — soit 21 par jour. De quoi déborder les pompiers. D’où « le rôle essentiel », selon Erik, des comités communaux. « Nous venons épauler les services de la sécurité civile, explique-t-il. On fait du repérage, on peut les guider dans les massifs qu’on connaît bien, sécuriser les zones. » Dans leur 4×4, la patrouille bénévole dispose aussi de 600 litres d’eau pour « attaquer » d’éventuels petits foyers.
Mais leur mission principale reste la sensibilisation, notamment en ces jours d’alerte rouge où les massifs forestiers sont inaccessibles au public. À l’orée de la pinède, un vététiste déboule justement sur un chemin caillouteux. Erik l’aborde et lui explique…
Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

