« Prise entre deux mondes opposés, la Moldavie est en proie à une crise d’identité, tout comme moi. Nous recherchons tous deux un endroit où notre héritage puisse se concilier avec nos ambitions », écrit la journaliste Natalia Jidovanu, revenue dans ce pays 20 ans après l’avoir quitté. Dans un essai publié par le média russe en exil Meduza, elle dresse un parallèle entre son expérience de jeune Moldave déracinée et la trajectoire historique de son pays : « Notre passé, façonné par de puissantes influences extérieures et une lutte pour la liberté, continue d’influencer notre présent. »
Cette lutte pour la liberté s’est lue dans les urnes du pays, lors des législatives du 28 septembre. Le scrutin a eu lieu sous la menace de tentatives d’ingérence russe. Deux jours avant le vote, le média italien Facta prévenait : « La combinaison de la polarisation politique, de la fragilité institutionnelle et d’un système médiatique fragmenté rend le pays particulièrement vulnérable aux pressions extérieures et aux tentatives de manipulation. »
Dans ces élections, le Kremlin a utilisé « tous les moyens déloyaux à sa disposition »
Ces tentatives d’influencer les élections ont notamment été repérées par le média roumain Context, qui s’est penché sur un réseau de chaînes Telegram se faisant passer pour des médias locaux moldaves, mais qui sont en fait pilotés par la Russie. « Nous avons franchi le rideau numérique du Kremlin et analysé les informations cachées derrière les chaînes d’information locale », explique le site indépendant.
Auteur: Emma Bougerol

