Trois collègues, Jézabel Couppey-Soubeyran, Pierre Delandre et Augustin Sersiron, publient Le Pouvoir de la monnaie. Transformons la monnaie pour transformer la société (Les Liens qui libèrent). Selon eux, les modes de création de la monnaie bancaire (par crédit ou par acquisition de titres) enracinent la monnaie dans la dette et empêchent de financer la transition sociale et écologique. Ils formulent donc une proposition de « monnaie volontaire » sous la forme de subventions pour financer les investissements de transition qui ne rapporteront pas de profit. Si l’on partage totalement l’intention, leur proposition mérite toutefois discussion.
Sur le même sujet : De l’argent pour la transition
Cette proposition s’articule autour de deux volets. Le premier instaurerait un institut d’émission, détenant le pouvoir de décider d’une création monétaire qui serait effectuée par la banque centrale, et une caisse du développement durable, qui subventionnerait les investissements socialement et écologiquement nécessaires. Le second volet organiserait le contrôle de la masse monétaire, grâce à des mesures fiscales. Celles-ci seraient constituées d’une contribution monétaire assise à la fois sur les stocks de dépôts en réserves à la banque centrale et sur les flux de transactions monétaires, et d’une compensation écologique d’une extraction ou d’une importation de ressources non renouvelables, et de tout rejet non dégradable dans l’environnement, qui s’apparente largement à une écotaxe pigouvienne.
Quel serait le statut de l’institut d’émission ? Une banque centrale bis ? Une banque publique comme la BPI ou la BEI ? Mais comment s’harmoniseraient-elles ? En quoi une monnaie « à mission » différerait-elle d’un fléchage…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Jean-Marie Harribey

