« Les loisirs motorisés et la nature en montagne ne font pas bon ménage », juge Vincent Neirinck.
Conseiller stratégie relations et institutionnelles au sein de Mountain Wilderness, Vincent lutte depuis les années 70 pour protéger les espaces montagnards et les écosystèmes qui y prospèrent. Parmi ses engagements de la première heure : la lutte contre les loisirs motorisés en montagne, jugés incompatibles avec les exigences de protection et de conservation de ces milieux si fragiles.
La loi française est pourtant claire à ce sujet. Adoptée en janvier 1991, la loi n°91-2 du Code de l’environnement – dite loi Lalonde – interdit la pratique d’activités motorisées dans les espaces naturels, en-dehors des voies et chemins qui y sont spécifiquement dédiés.
À son origine, une volonté de moraliser la fréquentation de la nature, mais surtout de garantir la protection et la conservation des espaces naturels, érigée en principe d’intérêt général par la loi de 1976 relative à la protection de la nature.
Cette loi prend davantage son sens dans les milieux montagnards, dont les écosystèmes figurent parmi les plus vulnérables face aux activités humaines. En cause : leur équilibre repose sur des conditions parfois extrêmes, lentes à se régénérer et faciles à perturber.
Dans ce cadre, les activités motorisées accentuent cette fragilité, du fait de leurs émissions et de leur impact sur les sols et les forêts, certes, mais aussi en compromettant la tranquillité indispensable à la biodiversité.
Une loi trop peu appliquée
Malgré ces constats, et en dépit de l’interdiction posée par la loi Lalonde, ces pratiques n’ont pas cessé pour autant, et ce, dans tous les massifs montagneux de France.
« Comme beaucoup de lois françaises, il y a des dérogations, des manières de mal l’appliquer », déplore Vincent, qui attribue la lente et difficile prise de conscience au fait que « l’environnement est…
Auteur: Louis Laratte

