Montpellier (Hérault), reportage
Le centre Human Santé n’a rien d’un cabinet médical classique. Dans le hall d’entrée, les brochures féministes et antiracistes côtoient les flyers sur la contraception. À côté du thermos de thé, des affiches annoncent les prochains ateliers — « santé au féminin », « perturbateurs endocriniens », accès aux droits, « écrans ». « C’est la santé comme on aimerait qu’elle soit, sourit Helena, patiente — on dit plutôt “usagère”. Globale, holistique et accessible à tous. »
C’est qu’on se trouve ici dans un centre de santé communautaire. En clair, un espace qui associe soins, soutien psychologique, travail social et médiation en santé, et qui accueille des publics souvent exclus du système de santé traditionnel. Un lieu « indispensable et précieux », selon un témoignage inscrit sur un mur du hall, mais qui pourrait bientôt disparaître.
Comme 25 autres structures de ce type, le centre montpelliérain a appris que ses subsides allaient être coupés. « Fin janvier, le gouvernement a annoncé la fin des financements Secpa [pour structures d’exercice coordonné participatif] qui sont dédiés à l’accès à la santé pour les plus vulnérables, explique Camille Picard, coordinatrice de l’espace. Ça représente la moitié de notre budget. »
Une annonce « brutale et incompréhensible »
Une annonce « brutale et incompréhensible » pour Fabrice Mauguin, coordinateur du réseau des centres de santé communautaire. Pendant longtemps, ces espaces ont œuvré à l’ombre des quartiers populaires, sans reconnaissance ni aide structurée de l’État. Malgré tout, « ils ont montré qu’ils permettaient de lutter contre les inégalités sociales de santé, indique-t-il par téléphone. Post-Covid, le gouvernement cherchait des moyens pour renforcer l’accès aux soins des plus défavorisés, et on est venus nous trouver ».
Volte-face
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Auteur: Lorène Lavocat

