« La Mort de Cléopâtre » : une statue qui raconte plus qu’une reine

La Statue d’Edmonia Lewis, La Mort de Cléopâtre (1876) au Smithsonia American Art Museum, Washington, États-Unis. Caroline Léna Becker/Wikimedia, CC BY

Depuis le 11 juin, l’Institut du Monde arabe à Paris propose de découvrir Cléopâtre VII, la dernière reine d’Égypte à travers une exposition intitulée « Le mystère Cléopâtre ». De l’autre côté de l’Atlantique, à Washington, aux États-Unis, le musée du Smithsonian expose lui aussi la célèbre reine égyptienne.


La statue d’Edmonia Lewis (en illustration de cet article), réalisée en 1876 et exposée au musée du Smithsonian à Washington, montre Cléopâtre juste après sa mort. Elle est allongée sur un grand trône, les yeux fermés : elle vient d’être mordue par un serpent. Cette œuvre impressionnante, grandeur nature, s’appelle La Mort de Cléopâtre. Edmonia Lewis, une artiste noire américaine, l’a sculptée pour l’Exposition universelle de Philadelphie. Pour créer cette statue, elle s’est inspirée des pièces de monnaie anciennes et des découvertes archéologiques faites en Égypte. Elle a voulu représenter Cléopâtre dans ses derniers instants, entre douleur et silence.

Pièce de monnaie antique
Pièce de monnaie fabriquée entre 36 et 31 avant J.-C représentant d’un côté le visage de Cléopâtre (à droite) avec une couronne et un manteau, accompagné d’un texte en grec qui dit : « la reine Cléopâtre, nouvelle déesse ». De l’autre côté, on voit Marc Antoine, avec l’inscription : « Antoine, chef suprême, membre du triumvirat ».
Gallica, CC BY

Le trône rappelle une célèbre statue du pharaon Khéphren, mais Edmonia a remplacé les animaux habituels par des visages humains. On y voit aussi des symboles égyptiens, comme des fleurs de lotus, un soleil levant, et même des sortes de hiéroglyphes – qui ne forment aucun mot, mais donnent un effet mystérieux….

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Auteur: Charles Vanthournout, Doctorant en égyptomanie américaine, chargé d’enseignement à l’Université Polytechnique des Hauts-de-France, Université de Lorraine