Une vidéo accablante, où on voit un homme, à terre, être roué de coups. Un mort, Quentin Deranque, 23 ans, appartenant à la mouvance d’extrême droite lyonnaise. Et des accusations qui fondent sur le mouvement antifasciste et, plus largement, sur l’ensemble de la gauche radicale. Mais derrière ce drame, injustifiable, ce sont des années d’importantes violences, notamment des groupes d’extrême droite, dans la ville entre Rhône et Saône qui permettent d’essayer de comprendre un tel déchaînement de violences. D’après un comptage établi par Rue89Lyon, sur 102 actions de l’extrême droite recensées à Lyon depuis les années 2000, 70% restent impunies, sans réponse pénale ou policière.
Car la deuxième ville la plus peuplée de France a la réputation d’être la capitale de l’extrême droite radicale. Saccage de librairie, ratonnades, attaques islamophobes, violence sur une réunion publique sur la Palestine, les exemples sont nombreux. Et, pour l’avocat lyonnais Olivier Forray, qui défend plusieurs victimes de ces attaques, la puissance publique – policière comme judiciaire – n’a jamais voulu réprimer ces groupes à la hauteur de leurs actes. Créant, alors, les conditions à l’émergence d’une telle violence entre mouvements fascistes et antifascistes.
Lyon a toujours eu une histoire particulière avec l’extrême droite. Comment observez-vous, au quotidien, ce contexte ?
Olivier Forray : Lyon est une terre de contraste, avec un ancrage très fort d’une extrême droite avec de multiples facettes et différents courants. On peut souligner notamment un milieu catholique traditionaliste très important dont l’église Saint-Georges [que fréquentait Quentin Deranque, N.D.L.R.] est une des vitrines les plus évidentes.
C’est d’ailleurs sans doute l’une des raisons de la forte implantation et de la tolérance des mouvances…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

