La mort de Quentin à Lyon est une horreur. Une horreur absolue, qui heurte la conscience démocratique, quelle que soit l’étiquette politique du militant, fût-il d’extrême droite. On ne devrait jamais mourir pour ses idées. Aucune. Ni celles qui émancipent, ni celles qui enferment. La vie humaine n’est pas une variable d’ajustement du combat politique, et le rappeler aujourd’hui n’est ni naïveté ni faiblesse : c’est le socle minimal d’une République digne de ce nom. Dire cela, pourtant, semble devenu suspect. Dans les périodes de montée du fascisme, l’histoire nous l’enseigne, le débat public se dérègle.
L’antifascisme ne tue pas. L’antifascisme est une tradition de vigilance démocratique, née des catastrophes du XXᵉ siècle.
Les forces réactionnaires avancent masquées, pendant que la gauche est sommée de se justifier, de s’excuser, de se faire oublier. Nous y sommes. Les partis d’extrême droite sont aux portes du pouvoir, ici comme ailleurs, et déjà le récit dominant s’emploie à inverser les responsabilités. Ainsi, La France insoumise serait désormais taxée « d’extrême gauche » par le pouvoir, jusqu’au président Emmanuel Macron lui-même. Comme si défendre la justice sociale, l’égalité et l’antiracisme relevait soudain d’un danger équivalent, voire supérieur, à celui du nationalisme autoritaire.
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Dans ce contexte, la mort de Quentin – dont attend encore les premiers éléments de l’enquête qui seront communiqués par le Procureur cet après-midi – est instrumentalisée. On parle d’« ambiance », de « climat de haine », en visant implicitement – ou explicitement – l’antifascisme. C’est une faute politique et…
Auteur: Pierre Jacquemain

