La moto contre la mule : un progrès qui coûte cher à l’agriculture haïtienne
La disparition progressive des chevaux, ânes et mules en Haïti, remplacés par les taxis-motos, constitue une transformation majeure des zones rurales. Bien que les motos aient amélioré la rapidité des déplacements, cette transition non planifiée a eu plusieurs conséquences négatives pour l’agriculture, l’économie et l’environnement.
1. Une perte importante de fumier pour l’agriculture
Pendant des générations, les chevaux, ânes et mules ont joué un double rôle
• Moyen de transport des récoltes, de l’eau et des personnes ;
• Producteurs naturels de fumier utilisé comme engrais organique.
Chaque animal produisait quotidiennement plusieurs kilogrammes de déjections qui étaient récupérées pour :
• fertiliser les jardins ;
• enrichir les sols agricoles ;
• produire du compost ;
• réduire la dépendance aux engrais chimiques importés.
Avec la disparition de ces animaux, les agriculteurs disposent de moins de matière organique pour restaurer la fertilité des sols. Cette situation contribue
• l’appauvrissement des terres ;
• la baisse de productivité agricole ;
• l’augmentation des dépenses pour acheter des fertilisants chimiques.
2. Une augmentation du coût du transport agricole
Autrefois, l’entretien d’un âne ou d’une mule reposait principalement sur l’herbe et les résidus de récolte ;
Aujourd’hui, les motos nécessitent :
• du carburant importé ;
• des pneus ;
• des pièces de rechange ;
• des lubrifiants ;
• des réparations fréquentes.
Tous ces coûts sont répercutés sur :
• le transport des produits agricoles ; le prix des marchandises ; le coût des denrées alimentaires.
Ainsi, lorsqu’un cultivateur transporte des bananes, du maïs, ou des légumes vers le marché, le coût du transport par moto est souvent plus élevé que celui assuré autrefois par des animaux de bât.
Le consommateur final paie donc plus cher.
3. Une…
Auteur: ALEXANDRE Frantzso

