En Équateur, le mécanisme de la « muerte cruzada » (mort croisée) permet au président de dissoudre l’Assemblée nationale, de convoquer sous trois mois de nouvelles élections et de gouverner entretemps par décrets. Le président Guillermo Lasso vient de l’appliquer, créant une situation de forte incertitude politique dans le pays, qui pourrait ouvrir une nouvelle phase du néolibéralisme autoritaire en Équateur.
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L’Equateur connaît une nouvelle phase de troubles politiques : au milieu de son mandat de quatre ans, le président Guillermo Lasso a décidé d’appliquer la « muerte cruzada ». Ce mécanisme, prévu par la Constitution de 2008, permet au président de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections générales au cours desquelles il remet son mandat en jeu en même temps que celui des députés. Tant le président que les députés peuvent se représenter à ces nouvelles élections. Le Conseil national électoral (CNE) dispose de 90 jours pour organiser le premier tour de l’élection présidentielle et les élections législatives. Celles-ci auront lieu le 20 août prochain. En cas de second tour, celui-ci devrait avoir lieu entre le 15 octobre. Avec les procédures administratives et légales, le prochain président pourrait commencer son mandat entre la mi-novembre et début décembre.
Durant ce laps de temps qui pourrait durer quasiment sept mois, le président Lasso va pouvoir gouverner en l’absence d’Assemblée nationale, à travers des décrets-lois dont la constitutionalité devra être révisée par la Cour Constitutionnelle. Ces décrets-lois devraient se restreindre aux thèmes économiques. C’est ainsi que le président, outre ses pouvoirs exécutifs, obtient des pouvoirs législatifs certes encadrés mais qui lui permettent d’avoir les mains libres au niveau économique sans débats législatifs. Ces décrets-lois pourront toutefois être éliminés par la nouvelle Assemblée…
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Auteur: redaction

