Une pratique ancienne
De tout temps, la musique a été associée à la médecine et à la relaxation, des « bols chantants » utilisés en Asie depuis l’âge du Bronze dans le cadre de la religion bön afin « de restaurer les fréquences vibratoires du corps, de l’esprit et de l’âme » aux mélodies composées avec les modes grecs antiques, que prescrivaient Pythagore et ses disciples vers 500 avant J.-C. pour soigner la dépression et la colère.
Enfin, dès le XXᵉ siècle, l’industrie laitière a instrumentalisé la musique ; c’est ainsi qu’en exposant les bovins à des morceaux de classique ou de folk, les éleveurs et éleveuses ont vu l’anxiété de leurs animaux diminuer, et leur production augmenter de 3,2 %. Une expérience souvent décriée par l’écrivain et musicologue italien Alessandro Baricco dans ses ouvrages, dont notamment « L’Âme de Hegel ou les Vaches du Wisconsin ».
Quel que soit le contexte ou la finalité, les chansons occupent donc une place prépondérante dans nos sociétés. Mais si ses effets sont reconnus, la musicothérapie a tardé à s’imposer comme une pratique curative multidisciplinaire, complémentaire de la médecine conventionnelle.
« Jusque dans les années 90, la musique était un support qui permettait de faire émerger des émotions enfouies, des sentiments inconscients, de manière à renforcer le lien entre les psychothérapeutes et les patient·es. Cette perspective n’était pas encore très étayée scientifiquement », raconte Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen et directeur d’une unité de l’Inserm, pour La Relève et La Peste.
Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que la pratique de la musicothérapie s’est structurée, en s’appuyant sur des formations, ainsi qu’une littérature objective, étudiant les effets de la musique sur le corps et le cerveau. De nouvelles données scientifiques ont également permis de…
Auteur: Rodolphe Lamothe

