La Niña pourrait davantage affecter l’économie qu’El Niño

Le phénomène climatique El Niño focalise l’attention. Mais des économistes estiment que La Niña, la phase froide du cycle, peu étudiée, causerait une flambée des prix alimentaires affectant encore davantage l’économie mondiale.

Cet article est publié en partenariat avec la revue Dialogues économiques, éditée par Aix-Marseille School of Economics.

Depuis quelques mois, la planète vit au rythme d’un « petit garçon » turbulent qui bat tous les records. Début octobre, l’agence météorologique américaine (NOAA) a mesuré des eaux du Pacifique équatorial à 2,3 °C au-dessus de la normale. Elle estime à plus de 90 % la probabilité d’un épisode El Niño « très fort » cet hiver, peut-être le plus intense depuis 1950.

Ce phénomène naturel revient en général tous les 2 à 7 ans. Il bouleverse les régimes de pluie, de sécheresse et de température dans de nombreuses régions du globe. Des études suggèrent que le réchauffement d’origine humaine pourrait renforcer son intensité.

Mais son impact ne s’arrête pas là. En 2023, une étude de l’université de Dartmouth publiée dans Science estimait que l’épisode alors attendu (moins intense que celui qui s’annonce) pourrait coûter jusqu’à 3 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2029.

Ces estimations ne prennent toutefois en compte qu’une partie du phénomène. Les économistes Gilles Dufrénot,…

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