Les déclarations du député Philippe Juvin (LR), le 20 octobre dernier en commission des finances, ont ravivé les débats autour du modèle norvégien. Selon lui, « en 2022, la Norvège a taxé ses hauts patrimoines. 315 Norvégiens fortunés se sont exilés avec leur entreprise, l’emploi a chuté de 33 %, et les investissements de 22 % ».
Le pays scandinave connaîtrait donc un scénario catastrophe, présenté comme l’illustration parfaite de la courbe de Laffer : l’idée qu’au-delà d’un certain seuil, “taxer plus” ferait “gagner moins”, notamment à cause d’une prétendue fuite massive des grandes fortunes.
Mais comme l’a rectifié l’AFP, les chiffres sur l’emploi et l’investissement viennent d’une étude regardant les effets de l’impôt sur la fortune en Suède et au Danemark. Rien à voir avec la Norvège donc. En ce qui concerne l’exode des plus riches, il existe, mais dans des proportions qui n’ont rien d’alarmantes.
Alors qu’en est-il réellement du formuesskatt – la taxe sur la richesse norvégienne – et de ses effets concrets sur l’économie ?
Taxer les riches, une vieille tradition norvégienne
En vigueur depuis 1892, cette taxe est différente de l’impôt sur le revenu. Elle est prélevée chaque année sur le patrimoine net des ménages, c’est-à-dire sur l’ensemble des biens immobiliers, l’épargne, les actions, les parts de sociétés, auxquels on soustrait les dettes. C’est donc la richesse globale – produite concrètement ou non – qui est prise en compte.
Aujourd’hui, la taxe sur la richesse norvégienne s’applique aux personnes dont le patrimoine excède 1,76 million de couronnes – soit environ 150 000 euros –, qui sont alors taxés à hauteur de 1 %. Pour les personnes qui possèdent plus de 20,7 millions de couronnes – l’équivalent de 1,76 millions d’euros – ce taux s’élève 1,1%.
L’Institut norvégien de statistique (SSB) révèle qu’en 2023,…
Auteur: Louis Laratte

