La Guinée-Bissau a changé de régime politique. La nouvelle Constitution soumise à référendum le 30 août 2026 et approuvée à 70 % renforce nettement les pouvoirs du président de la République, au détriment du Premier ministre et du gouvernement. Le chef de l’État dispose notamment d’une plus grande latitude pour nommer et révoquer le Premier ministre et préside désormais le Conseil des ministres.
La réforme intervient dans un pays marqué par une instabilité politique chronique depuis son indépendance du Portugal en 1974, avec cinq coups d’État depuis 1980 et de nombreuses tentatives de putsch.
Le système semi-présidentiel en vigueur a régulièrement été source de tensions entre le président de la République, le Premier ministre et le Parlement, entraînant des crises institutionnelles à répétition.
Les promoteurs de la réforme affirment précisément vouloir mettre fin à ces conflits de pouvoir en clarifiant les responsabilités au sein de l’exécutif et en renforçant l’autorité du président.
Le référendum du 30 août s’est toutefois tenu sous l’autorité d’une junte arrivée au pouvoir après le coup d’État de novembre 2025. Cette situation suscite des interrogations sur la légitimité du processus de révision constitutionnelle.
Les autorités de transition présentent le nouveau texte comme un moyen de garantir la stabilité avant le retour annoncé au pouvoir civil, avec une élection présidentielle prévue le 6 décembre.
Mais l’opposition, qui avait appelé au boycott, estime au contraire que le passage à un régime présidentiel fort risque de concentrer davantage le pouvoir exécutif et d’affaiblir les contre-pouvoirs.
Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), parti historique ayant conduit la Guinée-Bissau à l’indépendance en 1974, dénonce une consultation organisée dans un « contexte de restriction des libertés publiques » et sur…
Auteur: João Espírito Santo, enseignant-chercheur, Universidade de Lisboa
