Depuis le début du mois de novembre 2025, des milliers de méduses se sont échouées aux Sables-d’Olonne (Vendée). La municipalité a réagi en interdisant la baignade et les activités nautiques sur trois plages. Leur présence accrue interroge. Assistons-nous à une multiplication des méduses ? La mer est-elle en voie de “gélification” ? Comment coexister avec ces organismes ? Et quel rôle jouent le changement climatique ou la surpêche dans cette prolifération ? Réponse de Delphine Thibault, océanographe biologiste à l’Institut Méditerranéen d’Océanographie.
LR&LP : On entend souvent dire que les méduses prolifèrent. Est-ce une réalité globale ?
Delphine Thibault : Il y a effectivement davantage de méduses qu’autrefois. Mais cela ne concerne que quelques zones très spécifiques de la planète. Ces régions ont été durement affectées par la surpêche. L’écosystème y a été profondément déséquilibré. Cela a permis à de vastes populations de gélatineux de s’y installer. Ailleurs, la situation est beaucoup plus contrastée. Certains secteurs en abritent moins, d’autres un peu plus. L’ensemble demeure extrêmement variable, et surtout très difficile à quantifier avec précision.
LR&LP : Parmi les régions concernées, peut-on citer la Namibie ?
Tout à fait. En Namibie, la surpêche massive des petits poissons – sardines, anchois – a laissé davantage de ressources aux méduses, qui consomment la même nourriture. Là où les poissons disparaissent, les méduses en profitent.
LR&LP : Peut-on espérer restaurer les écosystèmes et réduire cette domination locale des méduses ? L’arrêt de la surpêche suffit-il ?
Non. L’exemple de la Namibie est clair. La pêche y a été stoppée dans les années 1980 et la situation ne s’est toujours pas rétablie. En mer Noire, la situation a été différente. Les stocks de poissons semblent aujourd’hui se reconstituer. Il faut dire qu’une mer…
Auteur: Joanna Blain

