Premier article d’une reflexion globale sur la gentrification.
Depuis le début du mois de septembre, la grande palissade d’acier qui entoure la flèche de St Michel (actuellement en travaux) est recouverte par des dessins de Street artiste. La mairie, les touristes et les bobos sont content-es. Seulement problème, cette fresque d’apparence sympathique cache en fait un processus de gentrification extrêmement bien huilé et destructeur. L’appropriation de ces plaques d’acier s’est faite dans le cadre du Festival RestinZik, festival célébrant la culture hip-hop. Une douzaine « d’artistes de peinture de rue » a donc été convié dans ce cadre à repeindre entièrement la palissade qui servait jusqu’alors de mur d’expression géant.
Des collages d’affiches pour les évènements politiques ou culturels, en passant par les graffs vandales ou les idées artistiques farfelues, toute personne souhaitant exprimer une intention pouvait le faire sur cette barrière.
Aujourd’hui c’est terminé.
La barrière en acier appartient aux street artistes et leurs « œuvres » proprettes et aseptisées. Ils la défendent comme leur daronne. Tout ça sans que la mairie ait eu à débourser un centime. Le bénévolat fonctionne si bien alors pourquoi s’embêter.
Si certains commerçant-es de la place et habitant-es se réjouissent innocemment de voir une « jolie » barrière propre devant leurs terrasses, ils doivent comprendre une chose, St Michel est une bataille, c’est un quartier frappé de plein fouet par la gentrification, et depuis longtemps. Tout est rongé par l’explosion des prix, les boutiques bobos chic, le nettoyage policier, la mort des vies de quartier. Si la palissade repeinte reste un symbole, elle cache bien derrière elle la gentrification galopante du quartier où les Carrefour (sponsor de l’État d’Israël) poussent comme des champignons, les bars comme le « Garfield » ne servent plus de thé à la menthe, les…
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