Loin de l’image du carnassier des Dents de la mer, les requins sont des proies pour les humains bien plus que des prédateurs. Pêchés, notamment pour leurs ailerons, ces poissons sont une ressource essentielle pour de nombreuses communautés côtières, mais aussi des victimes de la pêche illégale, et même du trafic de drogue.
Les requins comptent parmi les créatures les plus mystérieuses qui peuplent l’océan. Cibles de nombreux clichés – avant tout celui du mangeur d’hommes –, ce sont en réalité des poissons très éloignés de l’animal vorace que nous avons imaginé. Le plus souvent timides, furtifs et inoffensifs pour l’être humain, ils constituent une énigme même pour les scientifiques. Chaque interaction permet cependant de lever davantage le voile d’ignorance qui les entoure.
Une autre réalité nous échappe finalement davantage : celle des hommes et femmes tributaires des requins, qui inspirent parfois des jugements hâtifs et simplistes. Cet article entend dissiper les a priori que nous pouvons nourrir à propos de ces travailleurs de la mer qui exploitent les requins.
La pêche durable et équitable constitue à cet égard l’un des thèmes clefs de la Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc) qui s’ouvre ce lundi 9 juin, à Nice (Alpes-Maritimes). Le vendredi 13 juin, j’y interviendrai sur la pêche au requin dans une conférence intitulée « De la pêche à la criminalité transnationale organisée : comprendre la “symbiose criminelle” ».
Où sont pêchés les requins ?
Lorsque l’on parle des requins et du commerce visant leurs ailerons, on pense souvent à la Chine. Certes, ce pays concentre encore la majeure partie du marché des ailerons de requin, mais la consommation chinoise a nettement diminué ces dix dernières années, à l’instar de celle des Taïwanais et des Singapouriens.
D’autres pays sont par ailleurs à l’origine de la demande en ailerons de requin,…
Auteur: Alexandra Nicolas, Doctorante en sciences politiques, Université de Tours

