Réunis mardi à Paris à l’occasion du neuvième congrès mondial contre la peine de mort, deux des plus hauts responsables des Nations Unies ont lancé un avertissement : les progrès sont réels, mais les acquis sont menacés.
« Le mouvement vers l’abolition universelle progresse », a reconnu le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo adressé aux participants. « De plus en plus de pays s’engagent à mettre définitivement fin à cette pratique cruelle. Mais ces progrès ne peuvent être tenus pour acquis. Ils exigent vigilance, courage et une détermination constante ».
Si près de 90 % des États ont désormais aboli la peine de mort en droit ou en pratique, ou observent un moratoire sur les exécutions, plusieurs gouvernements empruntent aujourd’hui la direction inverse.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (photo d’archive).
Des signaux de recul
Dans la capitale française, le chef des droits humains des Nations Unies, Volker Türk, a dressé un inventaire préoccupant de ces revirements.
Il a notamment cité Israël, où une nouvelle législation « réintroduit effectivement la peine de mort », selon lui, « applicable presque exclusivement aux Palestiniens ». Au Burkina Faso, un projet de réforme du code pénal prévoit de rétablir la peine capitale pour certaines infractions. Dans le même temps, « je suis également profondément préoccupé par la forte augmentation des exécutions dans un petit nombre d’États, notamment en Iran », a-t-il déclaré, évoquant en outre le manque de transparence des autorités chinoises sur le nombre d’exécutions.
Pour Volker Türk, ces évolutions ne constituent pas des épisodes isolés, mais les symptômes d’un consensus abolitionniste devenu plus fragile qu’il n’y paraît.
Une justice qui n’en est pas une
Le…
Auteur: Nations Unies FR

