La photo du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, tentant joyeusement d’ouvrir une bouteille de champagne au beau milieu de la Knesset suite à l’adoption d’une loi sur la peine de mort pour les Palestiniens restera ancrée dans l’histoire comme l’une de ces photographies qui se passent de légende. C’est l’image d’un État qui n’a jamais vraiment quitté le moment colonial qui l’a vu naître. Il n’a pas seulement hérité des pratiques britanniques, mais les a maintenus vivantes pendant plus de 70 ans. Il en dépoussière maintenant l’une des pratiques les plus sombres.
La nouvelle loi israélienne sur la peine de mort, qui cible exclusivement les Palestiniens, ne sort pas de nulle part. Elle a été transmise depuis un échafaud que les Britanniques avaient déjà érigé sur la même terre, la testant sur les mêmes personnes sous le même ciel. Dans son étude sur la « pacification » de la Palestine par la Grande-Bretagne, Matthew Hughes, historien militaire à l’université Brunel, montre comment les tribunaux militaires établis par le mandat britannique en novembre 1937 ont été conçus avant tout pour la rapidité, répandant une terreur si soudaine que personne n’eut le loisir de la contester ou de l’ignorer. Le cheikh Farhan al-Sa’di, un dirigeant révolutionnaire qassamite âgé et l’un des principaux commandants du soulèvement de 1936, fut capturé un lundi, jugé un mercredi, puis pendu un samedi. C’est cette même loi qu’Israël a réintroduite aujourd’hui.
Ce que ces tribunaux révèlent également, c’est que la politique britannique de la mise à mort était, dès le départ, appliquée différemment selon la personne qui se tenait devant le juge. Les Palestiniens ont été pendus pour détention de quatre balles ; des Juifs ont été condamnés à la prison pour usage d’armes à feu. Ces tribunaux étaient les mêmes en principe mais pas en pratique, et tous ceux qui y…
Auteur: ugopalheta

