Paris, reportage
« Des milliards pour la guerre, l’austérité pour les services publics », dénoncent la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO). Plusieurs dizaines de militants de ces syndicats se sont rassemblés près de l’Assemblée nationale le 4 mai, tandis que les députés débutaient les discussions sur le texte qui doit actualiser la loi de programmation militaire 2024-2030. Avec une hausse de 36 milliards d’euros de budget s’ajoutant aux 413 milliards d’euros initialement prévus, ce projet de loi vise à « accélérer le réarmement » de la France.
« Pendant que le gouvernement taille à la hache les budgets sociaux, les services publics et la sécurité sociale, il finance toujours plus les industries de l’armement, au nom d’une marche à la guerre destructrice et une participation à des agressions impérialistes », s’indigne Nora Nidam, secrétaire générale de la chambre syndicale des organismes sociaux de FO en Île-de-France.
État d’alerte de sécurité nationale : un nouveau régime de dérogations
Le projet de loi introduit aussi un outil inédit : « l’état d’alerte de sécurité nationale ». Un régime d’exception, activable par décret en conseil des ministres, ouvrant la voie à toutes sortes de dérogations, notamment en matière de droit de l’environnement et de l’urbanisme pour réaliser des projets militaires.
Il est activable « en cas de menace grave et actuelle pesant sur la sécurité nationale », ou bien justifiant l’engagement du secteur de la défense à l’international, ou encore dans le cadre d’un déploiement « à bref délai » des forces armées françaises ou de forces alliées sur le territoire.
L’introduction de cet article 21 est justifiée dans l’étude d’impact du projet de loi comme répondant à un contexte de « concordance de menaces contre les intérêts de la France », ainsi qu’une…
Auteur: Léa Guedj, NnoMan Cadoret

