Si nous voulons comprendre comment nous en sommes arrivés, en 2025, à ce moment autoritaire et à cette dynamique fasciste, il faut revenir sur l’un des chemins centraux qui y ont conduit : le maccarthysme. À l’heure où nous entrons dans une nouvelle « peur rouge », il est ainsi utile d’étudier les précédents dans l’histoire des États-Unis.
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Dans son récit de première main des émeutes de Peekskill en 1949 — deux jours de violences de masse, tolérées par l’État, contre un festival musical de gauche dont Paul Robeson (1898-1976) était la tête d’affiche —, l’écrivain Howard Fast (1914-2003) décrit surtout son incrédulité. Invité d’abord à aider à l’organisation puis à assurer la défense du concert, il voit des bandes de nervis armés de gourdins, de couteaux et d’armes à feu interrompre les représentations, agresser violemment des participant·es et contraindre Robeson à se cacher.
Face à des foules hurlant des slogans racistes et antisémites, Fast pense possible de faire revenir Robeson une semaine plus tard, protégé par un cordon de syndicalistes de l’United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UE) et de l’International Longshoremen’s Association (ILA). Mais la sortie du site devient un enfer : jets de pierres, vitres brisées, voitures renversées, spectateurs roués de coups jusqu’à l’agonie — dont Eugene Bullard (1895-1961), premier aviateur noir de l’armée américaine pendant la Première Guerre mondiale.
Après avoir fui sous une grêle de cailloux et d’insultes, Fast raconte, dans Peekskill, USA[1], sa stupeur à la vue du bitume ruisselant autour des carcasses de voitures en flammes. D’abord persuadé qu’il s’agit d’essence ou d’huile, il comprend que ces rigoles luisantes sont le sang des spectateurs en fuite. Il se souvient d’un sentiment d’irréalité dissociée : « cela ne peut pas être en train d’arriver ». Et, se…
Auteur: redaction

