Dans cet article, l’historien et philosophe Luca Salza revient sur l’évènement politique, philosophique et stratégique que représente selon lui la flottille pour Gaza : « Qu’ont-ils trahi ? Ils ont trahi la réalité imposée par le pouvoir : l’économie avant tout, même au détriment du génocide (…), la démocratie comme forme de gouvernement insurpassable, le racisme endémique en Occident, la beauté et la justesse de la guerre pour la domination, et tous les autres simulacres sur lesquels reposent la politique et le mode de vie dans le Nord du monde ».
« Je veux juste que le monde voie ce que je vois »
Fatma Hassouna
Il ne s’est rien passé.
Rien.
À Gaza, il ne s’est rien passé.
Rien.
Les Palestiniens et les Palestiniennes peuvent rentrer dans leurs maisons. Leurs enfants reprennent le chemin de l’école. Les commerçants rouvrent leurs boutiques, les agriculteurs retournent travailler la terre. La récolte des olives va bientôt commencer.
Les tempêtes d’acier, le blocage de l’aide alimentaire, les tirs sur les foules affamées, les incursions terroristes dans les hôpitaux, dans les salles de classe, les assassinats ciblés de poètes et de journalistes, la destruction des universités, la dévastation des rares champs cultivables restants n’ont pas eu lieu : ces événements se sont évaporés.
Après nous être creusé la tête pendant des mois pour imaginer l’impossible, pour penser comment vivre, sans vivre, au milieu d’un génocide, après avoir dénoncé, à une distance incommensurable, l’assassinat systématique et rationnel des habitants et des choses de Gaza, nous avons soudain découvert que rien, il ne s’était rien passé. Le cours des événements reprend naturellement, l’histoire millénaire de Gaza ne s’est pas arrêtée, même si nous avions cru comprendre que la plupart des vestiges archéologiques avaient été détruits. L’hymne d’Israël peut retentir à la…
Auteur: dev

