Beyrouth (Liban), correspondance
Tulkarem pleure ses morts, et ses champs. Cette ville moyenne du nord de la Cisjordanie, réputée pour son sol fécond et ses agrumes, a enterré douze de ses habitants, tués par les forces israéliennes lors de leur grande offensive militaire en Cisjordanie, encore en cours. Elle a aussi perdu des hectares de terres agricoles, bulldozées ou confisquées.
Entamée le 28 août, l’opération « Camps d’été » vise à affaiblir les factions armées palestiniennes dans les grandes villes et camps de réfugiés du nord : Jénine, Tubas et Tulkarem, faisant plus de 49 morts palestiniens armés ou civils et 1 mort israélien. L’armée, le Shin Bet (renseignement israélien) et la police militaire poursuivent les raids quotidiens contre des combattants — mais sont aussi accusés de délibérément anéantir des infrastructures civiles, s’attirant les foudres de l’Organisation des Nations unies (ONU).
« Ce n’est pas la première fois qu’ils détruisent notre maison, mais là on a vraiment tout perdu », se désole Ibrahim, agriculteur et étudiant en sciences agricoles à Tulkarem. Sa maison et son potager, au cœur du camp de réfugiés Nour Shams, ont été réduits en gravats par les bulldozers israéliens.
« Économiquement, c’est vraiment dur pour nous. On doit louer ailleurs et on a perdu nos sources de revenus : je ne pourrais plus payer mes frais pour me réinscrire à l’université cette rentrée, écrit-il dans un message WhatsApp, en précisant qu’il recherche des dons pour l’aider à reconstruire. Il n’y avait aucun objectif militaire chez nous, on ne comprend pas pourquoi ils font cela. Mais c’est la réalité de l’occupation, et on ne peut rien faire contre. »
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Et comme si une catastrophe ne suffisait pas, les champs de sa coopérative agricole, Juzur as-Shams (Racines du ciel, en référence au nom…
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Auteur: Philippe Pernot

