La plage n’a pas toujours été une destination de vacances : pour les Grecs de l’Antiquité, c’était un endroit effrayant

La plage était perçue comme un lieu de danger et de mort dans l’Antiquité grecque, alors que de nos jours elle est souvent associée aux vacances et à la détente. Norbert Nagel via Wikimedia Commons, CC BY-SA

Aujourd’hui associée au plaisir et à la détente, la plage a longtemps été perçue comme un lieu menaçant. Dans la Grèce antique, elle évoquait la stérilité, la douleur et parfois même la mort. Cet article retrace l’évolution de notre relation à la mer à travers les mythes, les perceptions sensorielles et les croyances anciennes.


Nous sommes nombreux à aller à la plage pour profiter du soleil et prendre du bon temps pendant les vacances d’été. Des études ont montré que pour nombre d’entre nous, passer du temps à la plage est synonyme de décompression. Contempler l’océan nous plonge dans un état de méditation légère, l’odeur de la brise nous apaise, la chaleur du sable nous enveloppe et, surtout, le bruit continu et régulier des vagues nous permet de nous détendre complètement.

Mais les vacances à la mer ne sont devenues prisées qu’à partir de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècles, par les classes aisées des pays occidentaux. Les premiers Européens, et en particulier les Grecs de l’Antiquité, considéraient la plage comme un lieu de souffrance et de mort. En tant que peuple de marins, ils vivaient principalement sur le littoral, mais ils craignaient la mer et pensaient qu’un mode de vie agricole était plus sûr et plus respectable.

En tant qu’historienne de la culture et spécialiste de la mythologie grecque, je m’intéresse à ce changement d’attitude envers la plage.

Couple vêtu de vêtements du XIXᵉ siècle marchant sur une plage avec un cheval et une charrette
Sur la plage à Trouville, peinture de 1863 de l’artiste français Eugène Boudin.
Metropolitan Museum of Art, New York

L’expérience sensorielle de la plage

Comme je l’écris dans mon livre publié en 2016, The Sea in the…

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Auteur: Marie-Claire Beaulieu, Associate Professor of Classical Studies, Tufts University