La plume la plus radicale du féminisme ? Redécouvrir Andrea Dworkin

Tandis que le procès de Mazan place les violences sexistes et sexuelles au centre de l’attention médiatique, il est peut-être temps de (re)découvrir Andrea Dworkin, féministe américaine méconnue et détonnante qui s’attaquait déjà aux ravages de la misogynie dans les années 1970.


En 2005 s’éteignait Andrea Dworkin. Pendant 40 ans, l’essayiste et écrivaine féministe avait intéressé, agité ou effrayé les consciences avec des écrits impitoyables et incisifs, semblant presque venir d’un autre monde. Comme le disait si bien son admirateur Leonard Cohen en 1988, elle était peut-être “[Le premier auteur], masculin ou féminin, qui affiche une défiance qui soit profondément subversive au sens sacré – extraterrestre. […] La position qu’elle adopte […] est si provocante et passionnante qu’elle crée une autre réalité et pourrait arriver à l’actualiser.”

Aujourd’hui, si les études de genre, en France comme outre-atlantique, s’intéressent de nouveau à ses travaux, elle est encore majoritairement inconnue du grand public. Pourquoi est-il encore pertinent de lire Dworkin aujourd’hui ?

Penser les violences faites aux femmes

Née en 1946 dans une famille juive du New Jersey, Andrea Dworkin se fait connaître à partir des années 70 comme militante pour les droits des femmes, journaliste, romancière et essayiste.. Ses écrits se caractérisent par un mélange entre des réflexions théoriques très poussées et une utilisation brute de son propre vécu. Ayant elle-même connu les violences conjugales et sexuelles, la prostitution et la vie dans la rue, elle fait des violences faites aux femmes le coeur de sa réflexion, le tout dans une langue singulière mêlant un style universitaire à des expressions très crues. Elle devient également célèbre comme oratrice, avec de nombreuses prises de parole publiques lors d’événements féministes de la deuxième et troisième vague du mouvement. Son militantisme s’étend à la lutte…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Loup Belliard, Doctorante en littérature du XIXe siècle et gender studies, Université Grenoble Alpes (UGA)

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