« Combien« Combien de fois j’ai dû aller débourrer les machines engorgées par la poussière ? Je devais ouvrir une trappe et passer une heure ou deux dans un nuage de fines [particules]. J’étais blanc de la tête aux pieds et j’arrivais à peine à respirer. J’en ai pleuré, parfois ! »
Michel*, retraité depuis quelques années, a le sourire franc et la respiration sifflante. Un médecin lui a diagnostiqué une silicose, une maladie qu’on s’attendrait plus à rencontrer dans les lignes de Germinal que dans la Bretagne de 2026. Cette maladie incurable des mineurs est causée par l’accumulation de poussière de silice dans les poumons.
Michel ne veut pas y croire et s’apprête à faire de nouvelles analyses. Cet ouvrier a travaillé toute sa vie pour la multinationale Imerys dans les usines de la mine de Glomel (Côtes-d’Armor). Connaissait-il les risques associés à cette poussière ? « On savait surtout que c’était embêtant pour l’entreprise, parce qu’elle est tellement abrasive que tout le matériel s’use prématurément. »
L’andalousite que respirent les ouvriers de Glomel est un minéral « à haute teneur en silice cristalline », un « agent chimique dangereux » selon le Code du travail. Les travaux exposant à la silice sont classés cancérogènes et peuvent provoquer le cancer des poumons, la silicose et tout un cortège de maladies auto-immunes. « Ce sont des poussières extrêmement dangereuses », analyse le docteur Alain Carré, médecin du travail et spécialiste des risques miniers.
Des images tournées au sein du site d’Imerys à Glomel. © Vidéo Splann !
Cette mine d’Imerys emploie une centaine de personnes pour extraire de l’andalousite, un…
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