Se pencher sur les lois et institutions qui encadrent les usages de l’eau relève souvent de la gageure. Mais, derrière l’empilement de textes et de normes, une référence semble indépassable : la directive-cadre européenne sur l’eau (DCE), adoptée en 2000. Ce texte fondamental invite les États membres de l’Union européenne à gérer la ressource au niveau des bassins-versants hydrographiques, interdit toute dégradation des eaux et fixe des objectifs pour leur retour à un bon état écologique et chimique.
Il est aujourd’hui attaqué par les industries polluantes, le secteur minier en tête, et sa révision à venir inquiète de nombreuses organisations environnementales, qui craignent que les freins à la pollution de l’eau soient assouplis.
« Sans doute la plus belle loi jamais faite en Europe »
« On parle de l’eau comme du joyau des politiques environnementales européennes et cette directive serait le joyau du joyau, explique Gabrielle Bouleau, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et autrice d’une thèse sur la DCE. Je suis plus nuancée, mais de grandes avancées ont été accomplies grâce à elle. La gestion par bassins-versants s’est déployée au-delà de la France et de l’Espagne et on a progressé en matière de connaissances sur l’état des cours d’eau. »
La directive implique en effet de garantir le bon état chimique et écologique des eaux de surface et des eaux souterraines, donc de surveiller la présence de polluants, mais aussi les conditions propices à l’épanouissement du vivant. Pour ce faire, un ensemble d’indicateurs et de modèles a ainsi été forgé.
Roberto Epple, hydrobiologiste suisse à l’origine de l’European Rivers Network, un réseau d’associations, de scientifiques…
Auteur: Fabien Benoit
