L’avenir de Newcleo, la plus grosse start-up européenne du nucléaire, est incertain. D’après un audit de ses comptes que le quotidien économique en ligne La Tribune a consulté, il existe un « risque important » pour « la capacité du groupe » à « poursuivre » son activité s’il ne parvient pas à obtenir un nouveau financement dans les « douze mois ».
Fondée en 2021 par trois Italiens, la start-up développe un petit réacteur modulaire (SMR) à neutrons rapides refroidis au plomb. Elle compte lancer une usine de combustible Mox dédiée dans l’Aube en 2030, puis implanter un démonstrateur de 30 mégawatts — la puissance une centrale nucléaire classique peut aller jusqu’à 1 500 mégawatts — près de Chinon (Indre-et-Loire) en 2031. La jeune pousse a enregistré 103 millions d’euros de pertes en 2024, soit plus du double de ses pertes de 2023 (45 millions d’euros).
Elle dépense en moyenne 13 millions d’euros par mois, principalement pour payer ses quelque 1 000 salariés européens, et ne disposait plus en avril que de 160 millions d’euros de trésorerie, les fonds nécessaires pour une année. Elle cherche depuis plusieurs mois à boucler une nouvelle levée de fonds, sans succès pour le moment : les investisseurs privés attendent que des États investissent pour s’engager, et la France et l’Italie n’ont toujours pas concrétisé leurs engagements. En réaction, Newcleo a déjà supprimé 150 postes au Royaume-Uni et projette de réduire ses contrats d’ingénierie noués avec des prestataires externes.
« Les alertes comme celles-ci sont tout à fait normales pour des entreprises comme la nôtre, qui investissent beaucoup dans l’innovation », a déclaré Stefano Buono, directeur général de Newcleo, à La Tribune.
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