Qu’est-ce qui peut bien pousser un artiste accompli de 70 ans à composer un disque dédié à l’écologie, et à reverser ses recettes à une association de protection de l’environnement, en l’occurrence FNE ? Une révélation, une rencontre, l’amour des enfants ?
Pour comprendre, Reporterre est allé à sa rencontre, au bout d’une impasse parisienne de briques et de lilas. Charlélie Couture nous attendait, la barbiche grisonnante, le regard vif et franc. Projet Bleu Vert, son 27e album, venait de dévoiler sa pochette sur les plateformes d’écoute : la planète Terre découpée en continents verts baignant dans le bleu, et soutenue par deux larges mains — une réalisation de Michel Granger, peintre qui a beaucoup travaillé sur l’image de la Terre.
Depuis son appartement-atelier parisien, autour d’une table de bois épaisse et ravinée comme on n’en voit guère à Paris, Charlélie, singulier rockeur, peintre et écrivain, gratifié d’une dizaine de reconnaissances officielles, dont un prix de l’Académie française pour son recueil de poésies La Mécanique du ciel, a raconté à Reporterre comment était né l’album, de quels hasards, colères, attachements. Jusqu’à ébranler notre regard, avec sa foi en l’émotion.
C’était en 2025. Charlélie — nom de scène tiré de son prénom composé, Bertrand Charles Élie — pensait à un nouvel album. Une remarque d’un élève du lycée Henri-Poincaré de Nancy (celui-là même où il avait fait ses études) lui revient alors en tête. À l’issue d’une rencontre organisée autour de la transdisciplinarité, ce dernier lui avait dit : « C’est étonnant parce que, dans tous vos disques, il y a des chansons qui évoquent l’environnement, la nature, d’une manière ou d’une autre. Pourtant, quand on tape votre nom associé à écologie ou à environnement dans un moteur de recherche, rien n’apparaît. » La remarque allait faire son chemin.
Auteur: Catherine Marin

