Livres, films, podcasts… Chaque semaine, Reporterre vous propose ses coups de cœur culturels.
• Quand nous étions des loups
Par une longue nuit d’hiver, un 25 décembre, des loups ont attaqué les deux moutons qui paissaient dans le jardin de l’auteur, en Lozère, sur le plateau de l’Aubrac. Une irruption du sauvage chez lui qui a pourtant « payé [s]on droit / pour occuper le sol ». Il a alors remonté leur piste dans la forêt voisine, la tête pleine de questions, mais sans ressentiment.
Ces poèmes sont autant de « chemins d’approche », pleinement ancrés dans les préoccupations écologistes du moment. L’auteur décrit crûment la destruction du vivant à l’ère de l’Anthropocène, et évoque la détresse que cela lui inspire, jusqu’à essayer le chamanisme et « la piste psychédélique » pour devenir loup, arbre, écureuil, forêt. En définitive, il ne nous invite pas tant à cesser d’être des prédateurs qu’à « assumer le prix de tuer » et le fait d’être des prédateurs parmi d’autres. M. Astier
« Ni aimable ni barbare
le sauvage
n’est ni le bien ni le mal
nuement primaire
il est l’en deçà ou l’au-delà
de l’idée de loi
terriblement humain »
| Quand nous étions des loups, de Benjamin Guérin, avec des estampes de Robert Lobet, aux éditions de Corlevour, octobre 2024, 144 p., 18 euros. |
• Son odeur après la pluie
Paru en 2023, le roman de Cédric Sapin-Defour, Son odeur après la pluie, nous dispose à mieux comprendre les récentes découvertes scientifiques sur le génie animal. Est-ce pour cela qu’il a été distingué par plusieurs prix, dont ceux des lecteurs et de 30 Millions d’amis, ou pour son ton chaleureux et plein d’humour ?
Un jour morne, Cédric se résout à recouvrer « un peu de l’audace d’aimer », et décide d’accueillir un chien dans sa vie. Ce sera Ubac, un bouvier bernois. C’est le début d’une connivence intense dans la…
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