On connaît la chanson, à chaque grande mobilisation, il y a les chiffres «des syndicats» et ceux «de la police». Avec généralement de grands écarts, car les préfectures ont intérêt à minimiser le nombre de contestataires en cas de grèves sociales ou de manifs écolos, et les organisateurs à gonfler un peu les chiffres. Mais que faire quand c’est la police elle-même qui manifeste ? Qui donne les vrais chiffres ?
Samedi 31 janvier, le syndicat d’extrême droite Alliance a appelé à des «marches citoyennes» pour «soutenir la police». Malgré une grande médiatisation, elles ont été un flop monumental. Slogans indignes comme «All Cops Are Heroes» ou «plus de policiers, moins d’Assa Traoré», cortèges faméliques, présence majoritaire de groupuscules racistes… Le «soutien populaire» a pris l’eau.
Pourtant, le soir même, la presse a repris le chiffre inventé par le syndicat policier. «45.000 manifestants partout en France» titrait par exemple Le Figaro. Et sur la base de ce chiffre gonflé à l’hélium, un délégué d’Alliance se félicitait : «On a réussi notre opération». Alors on a regardé ville par ville, dans la presse locale, et il apparaît que la police française a de graves problèmes avec les maths.
À Nantes : nos observateurs sur place ont aperçu une petite centaine de personnes réunies sous la pluie devant le commissariat. Un rassemblement tellement faible que les organisateurs ont renoncé à partir en manifestation comme annoncé.
À Orléans, le quotidien l’Écho Républicain écrit dans un article très favorable aux policiers : «Quelques 400 participants à la mobilisation citoyenne». Le média France Bleu parle de 200 personnes. Dans ce petit cortège, des policiers accompagnés du syndicat agricole d’extrême droite Coordination Rurale, du collectif identitaire Némésis et du RN. Ambiance.
À Marseille, «400 personnes ont défilé selon la préfecture de police…
Auteur: B

