La classe politique et les médias continuent, depuis le week-end dernier, de verser des larmes sur quelques poubelles brulées et feux d’artifices tirés après la victoire du PSG. Pourtant, des dégâts infiniment plus graves et des blessures irréversibles n’ont pas été causées par la jeunesse venue célébrer une victoire de foot, mais par la police et l’État. Des arrestations arbitraires, des centaines de blessés, des milliers de personnes gazées, un policier ivre qui dégaine une arme à feu en pleine rue… et trois enfants mutilés à vie. Oui, vous avez bien lu : trois mineurs ont vu leur vie basculer à tout jamais à cause des forces de l’ordre. Et personne ou presque n’en parle.
Bobigny
Samedi 30 mai au soir, Daouda, 13 ans, fête la victoire du PSG à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. La police lance un assaut à proximité de la cité Karl-Marx. Des agents tirent une balle en caoutchouc avec un LBD directement depuis leur véhicule. L’enfant est évacué le visage en sang, la balle a frappé en pleine tête. Il est hospitalisé dans un établissement spécialisé en ophtalmologie, où il a été opéré. Il aurait perdu l’usage de son œil droit.
Fontenay-sous-Bois
Le même soir, à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. Même scénario : un adolescent de 14 ans reçoit un tir policier dans le visage. L’impact l’a frappé au niveau du front, à quelques centimètres de l’œil, comme le montre une image diffusée sur les réseaux sociaux : on voit le visage juvénile de la victime sonnée, avec un œil fermé, et la marque du tir. Les LBD sont des armes cinétiques : leurs munitions ne rentrent pas dans le corps, mais elle frappent à la vitesse d’une arme à feu, et peuvent causer des dégâts gravissimes, parfois mortels. Un tir dans la tête est formellement interdit, il peut provoquer une hémorragie cérébrale, un coma, ou détruire définitivement un œil, un nez, une oreille…
Le pronostic…
Auteur: C

