« La police arrivait, je devais détruire mes notes » : enquêter sur les crimes de guerre, mission périlleuse

« Дети ». « Enfants ». Ces inscriptions de chaque côté du théâtre de la ville de Marioupol en Ukraine, n’ont pas empêché le bombardement du bâtiment qui abritait des civils, le 16 mars dernier. Rapidement, l’armée russe est désignée comme responsable.

Le 30 juin, Amnesty International révèle, après une enquête, que le théâtre ukrainien a bien été délibérément visé. Au moins 12 personnes sont mortes dans le bombardement selon l’ONG, « et sans doute beaucoup plus », admet-elle. N’ont été comptabilisés que les décès qu’elle a pu prouver. « Après des mois d’enquête rigoureuse, d’analyses d’images satellites et d’entretiens avec des dizaines de témoins, nous avons conclu que cette frappe constituait clairement un crime de guerre commis par les forces russes », affirme la secrétaire générale d’Amnesty, Agnès Callamard, citée dans le compte-rendu d’enquête.

Des premières images du théâtre de Marioupol au rapport affirmant « clairement un crime de guerre », il s’est écoulé deux mois et demi. De longues semaines durant lesquelles l’ONG a travaillé sans relâche pour identifier les armes utilisées, la provenance de l’attaque et les preuves de la responsabilité russe. Des experts aux chercheurs sur le terrain, enquêter sur les crimes de guerre est un patient travail collaboratif.

Un travail de terrain : « En Ukraine, la scène de crime est immense »

Jonathan Pedneault, ex-chercheur pour l’ONG Human Rights Watch, s’est rendu en Ukraine dès le début du conflit. « Je suis parti avec mon gilet pare-balles et mes valises vers la Pologne, où, avec ma collègue, nous avons ont dû trouver un moyen de rejoindre l’Ukraine. » Il y reste quelques jours, avant de passer le relais à d’autres membres de la division « Crises et conflits » de l’ONG. « La scène de crime est immense, souligne-t-il. Il y a des allégations de crime de guerre pratiquement partout dans le pays. »

L’équipe « Crises et conflits » de Human Rights Watch est composée de cinq personnes, basées en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, et prêtes à de longs voyages pour se rendre sur une zone de conflit. Elle est spécialisées dans l’enquête de terrain dans les zones de combat ou de tensions. Ses membres recherchent les preuves de violation du droit international : attaque de civils, torture, mauvais traitement des prisonniers de guerre ou destruction de bâtiments non militaires. Tous ces actes sont – entre autres – répréhensibles selon les…

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Auteur: Emma Bougerol