Peut-on accepter que des milices privées défilent et fassent régner la peur en toute impunité ? Dans plusieurs villes de France, ce samedi 24 octobre, des membres des forces de l’ordre ont répondu par l’affirmative à cette question. Notre enquête – qui se concentre sur l’une des villes touchées par ce phénomène, Nice – dévoile les messages partagés entre les organisateurs d’une de ces milices, qui font état de concertations explicites et d’une coordination avec des membres des forces de l’ordre avant et pendant la manifestation. Les documents vidéos que nous nous sommes procurés montrent aussi des discussions longues et répétées entre des groupes auto-proclamés « anti-casseurs » et la police, et ce alors que la préfecture avait interdit les rassemblements dans le centre de Nice et alors que des manifestants contre « la vie chère » étaient eux interpellés par la police.
Contacté par Bon Pote, le ministère de l’Intérieur confirme nos révélations : « Des groupes de militants d’ultradroite » prétendant défendre les commerçants ont bien en réalité « cherché l’affrontement ». Le ministère reconnaît aussi que ces « militants d’ultradroite n’ont pas systématiquement été interpellés », invoquant le « contexte très dur de gestion de l’ordre public ». Problème : des membres de ces milices ont bien nui à l’ordre public en se livrant à des violences physiques, faisant plusieurs blessés : une personne témoigne à Bon Pote, preuves à l’appui, avoir eu le nez cassé par l’un de ces miliciens.
« En tout cas, ça faisait vraiment plaisir de voir la police avec nous »
Face aux dégradations survenues lors de la manifestation du 17 octobre, les manifestations ont été limitées et même interdites dans certaines villes pour la journée du 24 octobre. En parallèle, dans au moins une dizaine de villes selon Le Monde, de véritables milices se…
Auteur: Thibaut Schepman
