Les autorités ont-elles peur des chrétiens anarchistes ?
On pourrait le penser, vu comment les services de police ont voulu décourager la poignée de chrétiens révolutionnaires qui désiraient monter une petite action politico-spirituelle quand, dans leur ville, s’est incrusté derrière le Pape le président de la République.
« Nous ne craignons pas tellement, au fond, dit-il, tous ces socialistes-anarchistes athées et révolutionnaires : nous les surveillons et nous connaissons leur jeu. Mais il est parmi eux, bien que peu nombreux, quelques hommes à part : ce sont ceux qui croient en Dieu en qui sont chrétiens en même temps que socialistes. Ce sont eux que nous craignons le plus, ce sont des gens redoutables ! Le socialiste-chrétien est plus redoutable que le socialiste-athée. »
Fiodor Dostoïevski, Les frères Karamazov
Car s’il est clair que nous sommes moins bruyants – et hélas moins nombreux – que les prétendus défenseurs des « racines chrétiennes de la France » (pourtant si prompts à refuser le christianisme sitôt qu’un Pape le propose à leur pays) nous sommes encore quelques chrétiens à nous souvenir que la Parole de Dieu invite à nous placer aux côtés des exclus, des étrangers, des exploités. Comme le disait le Pape dès le début de son pontificat : « un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire en ce temps, n’est pas chrétien ».
Aussi avons-nous cru impossible de nous taire quand nous avons appris que le président qui garantit l’ordre raciste, brutal, inéquitable et meurtrier, voulait faire les honneurs au Pape qui n’a de cesse de proclamer, avec le Christ, que nous sommes Tous Frères (c’est-à-dire, même avec les arabes, les musulmans, les migrants, les homos, les gauchos et les pauvres). Comme le même jour devaient se tenir des mobilisations contre les meurtres policiers et autres crimes d’Etat, l’islamophobie permanente et le…
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Auteur: dev

