Interpellé en Conseil municipal le 6 octobre, le premier adjoint Sébastien Côte jure que la police municipale n’a rien à voir avec la gestion des manifestations lycéennes. Les vidéos et photos de l’Observatoire des libertés de Montpellier permettent d’en douter. Les textes, eux, sont sans ambiguïté
La scène se déroule le mardi 6 octobre, lors du Conseil municipal de Montpellier. Dehors, les lycéens bloquent leurs établissements pour réclamer des moyens. Livia Jampy, conseillère municipale LFI, interpelle Sébastien Côte, premier adjoint de Michaël Delafosse et ancien adjoint à la sécurité. Elle l’accuse de transformer la police municipale : « On lui confie des équipements dits anti-émeute, une présence dans des dispositifs qui ne sont pas les siens, et petit à petit, on la transforme en supplétif de la police nationale là où l’État se désengage. » Elle continue : « Quelles sont les réponses qu’ils ont reçues ? Du gaz lacrymogène, des charges, des interpellations. » L’élue cite la Ligue des droits de l’Homme, selon laquelle des policiers municipaux ont été déployés devant les lycées le jeudi 1er octobre, « munis de boucliers », et ont participé à des charges. L’ex-« Monsieur sécurité » balaie l’accusation : « La police municipale n’est en rien concernée. Ou alors, apportez-moi les preuves. »
Ces preuves, l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM) les accumule depuis le début de la mobilisation, le 29 septembre. Dans un rapport publié le 12 octobre, l’Observatoire range d’ailleurs « le recours quasi-systématique à la police municipale » parmi les « dispositifs de maintien de l’ordre préoccupants » observés depuis le début du mouvement. Le 1er octobre, des lycéens incendient une poubelle devant le lycée Mermoz, des affrontements éclatent. Une photo prise par l’Observatoire des libertés de Montpellier montre la police municipale, équipée de casques…
Auteur: Elian Barascud
