Sébastien ROCHER
Le plus important à observer c’est que la police n’est pas la réponse aux désordres. Il y a dans les démocraties européennes une notion qui est celle de l’ordre politique. L’ordre politique, c’est un ordre consenti. Et tous les mécanismes démocratiques que nous connaissons, de l’élection aux différentes formes de relation entre le pouvoir et la société civile -et de coordination- sont là pour qu’il y ait un ordre politique consenti.
L’ordre policier, ça consiste à utiliser plus de contrôles, plus de matraques, plus de tirs L.B.D. Cet ordre policier ne génère pas de consentement politique. Et ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est d’abord une crise du consentement politique.
Il y a deux ordres : l’ordre politique et l’ordre policier.
L’ordre policier intervient pour accompagner les protestations, les crises, les conflits. Toutes les sociétés occidentales sont traversées par des conflits et par des crises. L’ordre policier est là pour accompagner le mécanisme qui mène à des compromis politiques. Or ce qu’il se passe en ce moment en France, c’est que le gouvernement a mis en place une réponse qui est uniquement d’ordre policier à des protestations, à des récriminations, à des doléances. Et c’est un échec. On le voit maintenant avec l’ampleur du nombre de blessés chez les manifestants, chez les policiers, les incendies de bâtiments publics, etc.
Ce n’est pas la police qui va rétablir l’ordre politique. C’est au gouvernement de le faire !
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Auteur: Sébastien ROCHER
