«On ne comprend pas comment cela a pu arriver sur une route limitée à 50 km/h. Mon père traversait un passage piéton donc il était totalement légitime de traverser en toute sécurité. À quelle allure allait exactement le véhicule ? C’est inadmissible d’avoir un papa qui rentre et qui d’un coup se fait faucher par une voiture de police». La colère et la tristesse de Youcef, 22 ans, au micro de la radio RTL, sont compréhensibles et légitimes. Son père vient d’être tué par une voiture de police à Sartrouville. Youcef était le premier sur les lieux de l’accident, et a donc assisté à une scène que l’on ne souhaite à personne.
Les faits ont eu lieu le 22 avril 2026 à Sartrouville, en banlieue parisienne, vers 22h50. Mohamed El Bachiri, un habitant âgé de 81 ans, a été renversé par une voiture lancée à pleine vitesse dans une rue passante, alors qu’il sortait de la mosquée. Les chauffards sont les membres de la BAC d’Argenteuil, qui roulaient à vive allure.
Le fils du défunt réclamait, à l’endroit même de l’accident, devant le lieu de culte : «On veut une justice pour ma famille. On veut une justice pour mon père parce qu’il a été tué de manière très barbare, cela ne peut pas rester impuni. On ne sait pas ce qui se passe, on ne sait pas où est notre père, on ne sait pas ce qui s’est passé». Le parquet de Versailles a annoncé l’ouverture d’une enquête pour «homicide involontaire par conducteur d’un véhicule terrestre à moteur».
La version policière affirme que les agents menaient une course poursuite suite à un «refus d’obtempérer». Pour rappel, les policiers ne peuvent engager une course poursuite que pour les délits les plus graves. Et pas pour des refus d’obtempérer, qui sont exclus des consignes officielles. Les autorités prétendent souvent que les refus de contrôles routiers mettent en danger les passants, et qu’il faut donc pouvoir partir en chasse…
Auteur: B

