La police tue (encore)

La mort d’El Hacen Diarra, survenue dans la nuit du 14 au 15 janvier au commissariat du XXe arrondissement de Paris, n’a pas provoqué l’onde de choc que l’on aurait pu attendre à la suite d’un tel drame. Un homme de 35 ans, Mauritanien, interpellé devant son foyer de travailleurs migrants, placé en garde à vue, puis rendu mort à sa famille.

Les circonstances sont suffisamment troubles pour que celle-ci ait déposé plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort. L’enquête, confiée à l’IGPN, se heurte déjà à une difficulté bien connue : l’écart entre les versions officielles, les images diffusées sur les réseaux sociaux et les témoignages concordants. 

Pourtant, au-delà de quelques cercles militants et associatifs, l’affaire peine à exister dans l’espace public. Ce silence constitue un fait politique. Il révèle une hiérarchie implicite des vies dignes d’indignation, où certaines morts deviennent des scandales mondiaux quand d’autres disparaissent dans les méandres de la bureaucratie. Il y a quelques jours encore, la France s’émouvait à juste titre de la mort de Renee Good, femme blanche tuée en pleine rue par plusieurs balles tirées par un agent américain de l’ICE. Indignation unanime, condamnations officielles, mobilisation médiatique.

Quelques jours auparavant, la mort de Keith Porter à Los Angeles, lui aussi par un agent de l’ICE, n’avait pas suscité la même ferveur. Serait-ce parce qu’il était noir ? Cela ne fait aucun doute tant cette indignation à géométrie variable a déjà été observée. Et a même déjà été très largement documentée.


Sur le même sujet : Trump lance une guerre intérieure au nom de la « déportation de masse »

L’histoire se répète donc et le mécanisme est…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Pierre Jacquemain

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com