Alors que la répression des exilés s’intensifie à Calais et que l’on a franchi cette année un nouveau record du nombre de morts dans la Manche, les élus de gauche se mobilisent pour exiger, cette semaine, la création d’une commission d’enquête parlementaire. Sur le terrain, les militants ne renoncent pas. Marianne Bonnet (1) raconte.
Marianne Bonnet a 26 ans. Elle est originaire de Nantes. Elle a cofondé la maison accueillante La Margelle et Toiles, le réseau des maisons accueillantes. Diplômée en logistique humanitaire et en migration internationale, elle est engagée dans l’accueil digne et inconditionnel depuis plusieurs années sur le territoire.
Calais, samedi 12 octobre, 22 h 40. Nous recevons un message d’Utopia 56 sur le téléphone de la maison accueillante La Margelle. Il nous est demandé d’accueillir une famille de cinq personnes qui vient de sortir du centre de rétention administrative (CRA) à la suite d’une opération de sauvetage en mer. La température avoisine les 10 °C. Le 115 répond négativement aux nombreuses demandes de prise en charge des familles à la rue ce soir-là. Nous allons chercher ces personnes. Elles attendent sur le parking en face des portes d’entrée du CRA.
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En bord de route, près du centre, nous croisons une cinquantaine de personnes avec des couvertures de survie sur le dos. Nous comprenons, en rencontrant la famille, qu’elles étaient ensemble sur le bateau et qu’elles ont été secourues en mer. Mais certains manquent à l’appel : ils ont perdu la vie. Les rescapés, emmenés…
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