La pollution de l'air augmente le risque de cancer du sein

7 juin 2021 à 09h13,
Mis à jour le 7 juin 2021 à 10h28

Durée de lecture : 5 minutes

Santé
Pollutions

Il est aujourd’hui reconnu par la communauté scientifique que la pollution atmosphérique est un facteur de risque du cancer du poumon. Cet organe n’est cependant pas le seul affecté par la mauvaise qualité de l’air. Celle-ci pourrait également être un facteur de risque du cancer du sein, le plus répandu en Europe, a révélé fin mai une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives. En France, 3 % des cas (soit près de 1 700 cancers du sein par an) seraient directement attribuables à la mauvaise qualité de l’air.

Afin de parvenir à ces résultats, Stefan Gabet (Inserm) et ses collègues ont réalisé une méta-analyse de l’ensemble des publications portant sur le lien entre cancer du sein et exposition à la pollution atmosphérique. Cette méthode permet d’étudier un plus grand nombre de cas, et donc d’augmenter la précision de l’estimation. « Chaque étude seule peut donner l’impression qu’il n’y a pas d’effet net de la pollution atmosphérique, dit à Reporterre Rémy Slama, épidémiologiste environnemental et coauteur de cette étude. Mais en les agrégeant, on peut dans certains cas en identifier, avec des conclusions bien plus fortes qu’à l’aide d’une étude seule. »

Le dioxyde d’azote particulièrement visé

L’équipe de chercheurs s’est penchée sur trois polluants : les particules en suspension d’un diamètre inférieur à 10 microns (PM10), celles d’un diamètre inférieur à 2,5 microns (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2). Tous sont issus de la combustion de carburants d’origine fossile, que ce soit dans les moteurs thermiques des véhicules, dans certains appareils de chauffage ou bien au cours de procédés industriels.

Conclusion : le dioxyde d’azote est particulièrement néfaste. « On ne peut pas non plus exclure un rôle des particules fines, mais il nous faudrait davantage d’études pour le confirmer », précise Rémy Slama. Le dioxyde d’azote n’agit probablement pas tout seul. Selon le chercheur, la « soupe toxique » de milliers de polluants à laquelle sont exposés des millions de Français quotidiennement, et dont le dioxyde d’azote est un marqueur, pourrait être le véritable responsable.

Selon l’équipe scientifique, 1 677 cancers du sein pourraient être évités chaque année si la pollution atmosphérique diminuait drastiquement, jusqu’à atteindre une concentration en dioxyde d’azote de…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin Reporterre

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