La pomme est le fruit préféré des Français et le plus cultivé en France. Mais la pomme ne se distingue pas uniquement par sa popularité, elle figure également en tête des cultures les plus traitées en France, notamment en raison du champignon Venturia inaequalis, qui est responsable de la maladie de la tavelure. Comment réduire cette dépendance aux traitements ?
Un pommier malade va produire des pommes tachées. Les fruits tachés ne sont pas nocifs pour la santé humaine, mais ne peuvent être ni vendus ni exportés. C’est la raison pour laquelle les arboriculteurs utilisent des fongicides entre 15 et 20 fois par an, un chiffre qui peut grimper jusqu’à 40 traitements sur les variétés les plus sensibles lors de printemps particulièrement pluvieux. À titre de comparaison, les producteurs de blé appliquent au maximum trois traitements fongicides par an.
B. Le Cam, Inrae, Fourni par l’auteur
Les vergers menés en agriculture biologique ne sont pas épargnés par cette maladie. Ils sont souvent autant traités voire plus que les vergers conventionnels, car les fongicides utilisés en agriculture biologique, comme le cuivre et la bouillie sulfocalcique, sont plus facilement lessivés par les pluies que les fongicides de synthèse. C’est ainsi qu’au cours de sa carrière, un arboriculteur parcourra en moyenne une distance équivalente à un tour du monde avec son pulvérisateur pour protéger son verger de 20 hectares ! Éliminer ce champignon est particulièrement difficile, car il est présent non seulement dans les vergers, mais aussi sur les pommiers dans les habitats sauvages qui, nous le verrons, servent de réservoir de virulence.
De plus, ce champignon s’adapte rapidement aux diverses méthodes de lutte déployées. Pour tenter de pallier ces difficultés, notre…
Auteur: Maël Baudin, Enseignant-chercheur en interactions plantes-microorganismes, Université d’Angers

