Au cours de l’été, nous avons publié un long article autour de la question du travail du sexe, de ce qu’elle implique politiquement et de la manière dont se polarisent souvent les débats lorsque l’on aborde la marchandisation des corps (dans sa variante sexuelle ou sexualisée). Un fidèle lecteur de lundimatin a souhaité y réagir ou du moins laisser entendre un autre son de cloche.
Éthique ou pas le porn, je ne vois aucune différence. Les petites mécaniques tournent au même régime de croisière, font bien des efforts pour convaincre. La différence m’intriguait, j’y allais voir par curiosité (vous interprèterez : obsédé ou anthropologue sauvage), grandement déçu, c’est kif-kif, les conditions de travail meilleures sans doute et ce n’est pas rien, mais est-ce là toute l’éthique ? Le « contenu » reste si pauvre, si convenu, vu et revu et refait depuis des lustres, si navrant.
Les travailleurs et travailleuses du sexe producteur.trice.s de contenus réclament le droit à l’estime, au travail et au salaire ou à la prestation tarifée, car au lieu de reconnaître, d’inclure, de valoriser, l’État menace, réprime, interdit, sanctionne. Juste combat, rien à redire. Ce labeur est citoyen, comme un autre, ni plus ni moins heureux, car c’est un labeur, et c’est citoyen, la norme, l’égalité par le Travail. La marge, le trottoir, le caniveau, la transgression, torpeurs romantiques dépassées. Finie la vie des hommes et des femmes infâmes à laquelle on relégua longtemps « le plus vieux métier du monde », ils et elles n’ont plus rien à nous dire. Pour l’érotisme, la volupté radicalement opposée au Travail-signifiant Maître, on verra plus tard. Silence, ON baise.
Peut-être cependant en retard d’une guerre ? Voir le sexe amateur, proliférant sur une multitude de sites, caméras ou smartphones au poing pour des millions de vidéos et selfies de par le vaste monde. Des couples se filment en…
Auteur: dev

