Dans une série d’arrêtés publiés lundi 24 octobre, la préfecture des Deux-Sèvres a interdit « les manifestations, les attroupements ou rassemblements » prévus du samedi 29 au lundi 31 octobre dans une dizaine de communes du département. Ces mobilisations s’opposent à un chantier de méga-bassine, une rétention d’eau géante destinée à l’irrigation, lancé début octobre dans la commune de Sainte-Soline.
Parmi les mesures prises par la préfecture, se trouvent « l’interdiction de circulation des véhicules transportant du matériel de son à destination d’un rassemblement festif à caractère musical non autorisé de type free-party, rave-party ou teknival dans le département », mais aussi « l’interdiction de la circulation d’engins agricoles » dans les communes avoisinantes au chantier, ou encore « la vente, le transport ou l’utilisation des artifices de divertissement ».
Mobilisation contre l’une des plus grandes bassines construite en France
Objectif de la préfecture : empêcher la tenue de la manifestation « Pas une bassine de plus » organisée pour protester contre un nouveau chantier. Près de 150 associations et collectifs ont relayé l’appel initié par Les Soulèvements de la terre et le collectif Bassines non merci. Le projet consiste en une bassine d’une capacité de 720 000 mètres cube qui artificialiserait 19 hectares, au cœur d’une zone classée Natura 2000.
« Le remplissage de la retenue se fera en période hivernale et sera assuré par sept groupes de forage prélevant l’eau de la nappe phréatique », détaillait en février 2020 la Société coopérative anonyme de l’eau des Deux-Sèvres, qui porte le projet. « Ce projet emblématique de la multiplication des bassines est d’autant plus choquant qu’il intervient juste après un été caniculaire qui a laissé les nappes phréatiques et cours d’eau dans un état jamais vu », dénoncent les organisateurs de la mobilisation.
Dépôt d’un référé
En réponse à l’interdiction administrative, le collectif Bassines non merci a annoncé mardi 25 octobre le dépôt d’un référé liberté, une procédure possible si une décision administrative porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Contactée par basta!, Mélissa Gingreau, membre du collectif, dénonce une décision de la préfecture « démesurée ». « On est sur une manifestation familiale, festive, avec des concerts et une fanfare », dit-elle.
« C’est de l’accaparement d’eau financé par de…
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Auteur: Maÿlis Dudouet

