Tout le monde s’y accorde, la journée du 10 septembre n’a été ni un échec ni un succès, ou bien les deux à la fois. Depuis cet entrelacs s’ouvre donc la question que tout le monde se pose : alors que le gouvernement a réengagé une séquence/suspension politicienne et que les syndicats proposent une timide prise de relai, quelle stratégie, quels gestes et quels mots d’ordre pourraient permettre à ce mouvement embryonnaire de trouver son rythme de croisière. Bernard Aspe fait ici cette proposition : devenir la première grève générale du travail gratuit.
Le blocage et la grève
Il y a deux manières d’envisager la succession des deux dates de « mobilisation » des 10 et 18 septembre.
La première s’énonce du point de vue du réalisme progressiste : la journée « Bloquons tout » était une sorte de journée-test, principalement conduite par des éléments turbulents, à l’égard desquels il y a certes de plus en plus de bienveillance, mais dont les modes d’action ne peuvent mener bien loin. Cette journée-test ayant à certains égards été concluante, nous pouvons désormais passer aux choses sérieuses. Ce qui veut dire : organiser une grève susceptible d’être largement suivie dans tous les secteurs, et pousser ainsi à une « solution politique ». Et par là, entendons : la possibilité de préparer la traduction électorale de cette mobilisation.
La deuxième s’énonce à l’inverse depuis l’ensemble des forces turbulentes qui ne peuvent que se montrer réservées à l’égard de ce supposé réalisme. Car ce dernier semble n’avoir été, depuis bien longtemps, qu’une une manière de contenir par avance ce qui peut arriver à l’occasion d’une lutte nouvelle ; une manière de limiter le caractère aventureux de l’événement politique en le balisant par des mots d’ordre « raisonnables », des formes d’action recevables, des revendications crédibles, et surtout par des…
Auteur: dev

