Le numérique a progressivement transformé les déclinaisons web des médias en de vastes supermarchés. Les contenus sponsorisés et publicités marchandes pullulent, les publi-reportages font florès. Et depuis quelques années, la pratique marketing du « content-to-commerce » gagne de plus en plus de terrain : les médias publient des guides d’achats et autres analyses de produits, intégrant des liens marchands vers les plateformes de commerce en ligne. Une source de revenus en plein essor.
Face à l’érosion des recettes publicitaires et des ventes de journaux, la presse écrite a depuis longtemps recours à des opérations de diversification pour générer des revenus. Par exemple : organisation d’événements et autres « forums » au profit d’institutions publiques ou privées, voire même d’États ; organisation de croisières en compagnie de « stars de l’info » ; vente de produits dérivés ; publireportages, « suppléments partenaires » et autres contenus réalisés par les régies publicitaires des groupes de presse ; partenariats avec des fondations privées ou les GAFAM noués dans le cadre de projets éditoriaux spécifiques.
Et depuis quelques années, une pratique marketing a le vent en poupe : le « content-to-commerce », soit la publication de guides d’achats, de comparatifs et de comptes rendus de produits intégrant des liens marchands vers les plateformes de commerce en ligne (Amazon, Cdiscount, Fnac, etc.). En clair, une forme plus aigüe de monétisation des audiences et une forme « éditorialisée » de réclames qui contourne les bloqueurs de publicité.
Le 15 novembre 2021, la Lettre A a signé une enquête édifiante sur ces pratiques. L’auteur explique qu’à travers « des accords « d’affiliation » », les médias « touch[ent] une commission pour chaque vente provoquée via des liens « trackés » » : « Entre 5% et 15% pour la high-tech, l’électroménager et le voyage, les trois catégories les plus courantes à ce jour. [Les médias] exigent très souvent, en plus, un minimum garanti de plusieurs milliers d’euros par article. La légitimité de ces médias généralistes et leur force de prescription vis-à-vis de leurs lecteurs encouragent les marques à payer de telles sommes. »
Ces contenus peuvent figurer dans les rubriques « Guides d’achat » ou « Service » des interfaces numériques des grands médias, « mais parfois aux côtés des articles de la rédaction. »
Exemple au Monde :
Au Parisien :
Ou au Figaro :
Petit…
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Auteur: Benjamin Lagues Acrimed

