Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne : début octobre ont été lancés des États généraux de l’information, qui visent à fixer les nouvelles « règles du jeu » pour le secteur médiatique. Les conclusions sont attendues en juin. La machine à consulter a été déployée, avec des groupes de travail qui auditionnent et recueillent les contributions, et des événements. Mais les premiers échos ne sont guère rassurants. Peu d’améliorations sont à prévoir sur le front de la liberté de la presse, à l’issue du grand show communicationnel. Celui-ci servira même sans doute à faire passer de nouvelles dérégulations du secteur, déjà marqué par une hyperconcentration entre les mains d’une poignée de milliardaires en mal d’influence.
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On connaît la rhétorique : il faudrait renforcer nos grands champions nationaux face à la concurrence des mastodontes étrangers. Qu’importe si c’est inutile et si cela donne plus de poids et de pouvoir à des magnats mal intentionnés, dont Vincent Bolloré est devenu l’archétype. Faut-il le rappeler ? 91 % des journaux quotidiens nationaux distribués en France sont la propriété d’une demi-douzaine de milliardaires, et plus de 44 % de l’audience télévisuelle est assurée par les chaînes de trois groupes – Bouygues, Bolloré, Drahi. On peut douter également de l’objectif affiché par le gouvernement de renforcer la liberté de la presse et la protection des sources, au moment où les pouvoirs publics multiplient les intimidations et les actions judiciaires à l’encontre de journalistes.
Tout est à revoir pour empêcher la…
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Auteur: Agnès Rousseaux

