« C’est terrifiant », soupire Nour, membre d’Action Justice Climat et du réseau Les Impactrices, qui milite pour la justice sociale et l’égalité des genres. Comme d’autres militantes écologistes, elle sera dans la rue dimanche 20 septembre pour dire « non au permis de tuer ». Une mobilisation nationale à l’appel de plusieurs organisations contre la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les policiers et gendarmes. En dépit d’une pétition qui a reçu plus de 730 000 signatures, le texte a été adopté à l’Assemblée nationale le 7 juillet, avant d’être envoyé pour examen en Commission des lois constitutionnelles.
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« On nous habitue à accepter les violences policières et, désormais, cela concerne tout le monde », poursuit Nour. La militante de 34 ans constate que cette violence est « introduite et légitimée par la marge, sur les personnes racisées, en exil, des banlieues ou des territoires d’outre-mer, avant de s’élargir vers les Gilets jaunes, les militants écologistes, antifascistes, les syndicalistes… Finalement, chacun doit avoir conscience qu’il peut en être victime ». Elle voit dans cette loi un « nouveau palier franchi dans l’impunité » accordée aux forces de l’État.
« Je suis une femme racisée, visiblement musulmane […] La prochaine victime, ça pourrait être moi »
« C’est déjà difficile de faire reconnaître la culpabilité d’un agent lorsqu’il blesse voire tue, même avec des témoins ou des vidéos à l’appui. Avec cette loi, ça risque de devenir impossible », observe Nour. En 2025, le média Basta ! a recensé 49 décès liés à une intervention des forces de l’État en France. Certains tirs mortels ont fait scandale, comme celui qui a tué Nahel Merzouk, 17 ans, d’une balle à bout…
Auteur: Léa Guedj
