La Croix : Dans quelles circonstances avez-vous découvert la prière d’adoration ?
Bénédicte Delelis : Mon premier contact avec l’adoration remonte à mon enfance, à Nantes. Le Jeudi saint, nos parents nous emmenaient à la cathédrale. À la fin de la messe, arrivait le moment où le prêtre emportait le ciboire, contenant les hosties consacrées, au reposoir pour la veillée d’adoration. J’étais impressionnée par tous les gestes : le respect avec lequel le prêtre enveloppait le ciboire dans un drap, les fleurs partout… Et puis, nous restions là avec Jésus. C’était un moment intense car j’avais conscience de l’accompagner dans une heure grave de sa vie, son agonie au jardin des Oliviers. Lorsque nos parents nous demandaient de rentrer à la maison, je partais toujours avec un regret infini.
À partir de quand ce lien avec l’adoration, et donc avec l’eucharistie, s’est-il renforcé ?
B. D. : Alors que nous étions mariés depuis deux ans et que nous avions une petite fille, Fabiola, on nous a proposé d’aller à Abba. C’est un groupe de prière de jeunes qui se tient à l’église Saint-Étienne-du-Mont de Paris et dont la mission est de faire connaître et aimer l’eucharistie par la prière d’adoration. J’étais très marquée par la foi vive et joyeuse des jeunes que nous rencontrions là-bas. Jésus était tellement vivant au milieu d’eux que nous aurions pu lui tendre une chaise !
On nous a appelés à servir ce groupe pendant un an. C’était un engagement assez exigeant qui impliquait, en plus de l’animation de l’adoration le mercredi soir, d’aller à la messe, de dire le chapelet et de prier tous les jours – car on ne peut pas faire aimer l’eucharistie si on ne se laisse pas soi-même transformer. Nous y sommes restés sept ans, d’abord engagés dans l’organisation du groupe, puis nous avons relancé des petits cénacles missionnaires pour répandre l’amour de l’eucharistie…
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Auteur: Recueilli par Florence Chatel

