La proportionnelle, oui… mais pas seule

À l’heure où plane la menace d’une accélération de la crise politique, où les rumeurs de dissolution bruissent et où les partis affûtent déjà leurs armes pour d’éventuelles législatives anticipées, la question du mode de scrutin refait surface. Emmanuel Macron lui-même avait promis d’introduire une dose de proportionnelle.

Une promesse comme tant d’autres, suspendue dans l’air depuis 2017, et aujourd’hui reprise avec insistance par une partie de la classe politique pour que chaque voix compte à sa juste valeur. Et que l’Assemblée nationale ressemble enfin au pays. Mais dans le contexte présent, cette réforme porte en elle un risque majeur : celui de livrer les clés du Parlement à l’extrême droite, et donc Matignon, sans pour autant redonner le pouvoir au peuple.


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La proportionnelle, c’est la vérité mathématique de la démocratie mais pas nécessairement sa vérité politique. Elle traduit fidèlement les rapports de force, mais elle fragmente aussi le pouvoir, le disperse, l’émiette. Dans une France fracturée, en proie à la défiance, à la fatigue civique et à la tentation autoritaire, cette transparence pourrait bien devenir un miroir déformant. Le RN, porté par une dynamique électorale, y gagnerait une influence institutionnelle inédite, un droit de veto au cœur du jeu parlementaire.

La proportionnelle met à nu les déséquilibres d’une Ve République pensée pour le chef, pas pour le peuple.

La proportionnelle intégrale risquerait ainsi d’accoucher d’une démocratie intégralement paralysée. Le danger est d’autant plus fort que la proportionnelle, isolée, ne répare rien : elle expose tout. Elle met à nu les déséquilibres d’une…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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